Liberté Hebdo veut vivre,
Liberté Hebdo doit vivre !

A quelques jours d’une audience annoncée comme décisive au Tribunal de commerce de Lille, le journal Liberté-Hebdo se bat avec une rare énergie. L’hebdomadaire communiste, un des derniers médias d’opinion de la région, a été placé en redressement judiciaire début août 2014. Ce vendredi 12 juin, une vente militante était organisée place des Buisses, à 17 heures à Lille.

Les Mardis de l’Info du Club de la presse ont rencontré son directeur, Franck Jakubek.

« Rendez-vous au prochain numéro ! » C’est le titre, plein d’espoir d’un article qu signe le directeur de Liberté-Hebdo dans l’édition de ce vendredi 12 juin. « Depuis bientôt trois ans, Liberté-Hebdo fait front contre l’adversité. Après deux douloureuses vagues de licenciements, nous continuons à assurer, vaille que vaille, notre rendez-vous hebdomadaire avec les lecteurs ».

Effectivement, après les licenciements de l’an dernier et ceux de cette année, la rédaction « tourne » avec un journaliste permanent, son directeur-gérant et éditorialiste, un maquettiste PAO, un secrétaire de rédaction à temps partiel. Ajoutons deux personnes, a temps partiel chargées de l’accueil, du secrétariat, des abonnements. Avant, avec 6 journalistes, c’était peu. Aujourd’hui, la parution relèverait du miracle si l’on y croyait.

Heureusement, l’équipe n’est pas seule au monde. La page 7 du numéro de cette semaine fait le compte, comme chaque semaine, des souscripteurs, anonymes ou non, qui envoient un chèque de soutien. Elle donne aussi la liste de la trentaine de collaborateurs qui apportent régulièrement un soutien rédactionnel conséquent.

Résultat, le « petit canard rouge », ainsi qu’il se nomme lui-même, parvient à donner une information de qualité où l’actualité sociale, politique, associative et culturelle constitue le cœur de la publication.

« Liberté-Hebdo n’est pas un journal comme les autres. Il n’est pas le journal du fatalisme ni du renoncement. Ce journal a été fondé pour porter les luttes, les espoirs, les initiatives, les idées favorables au progrès social. 71 ans après sa naissance, nous gardons le même état d’esprit, la même envie d’un changement de société, vers un monde plus juste, plus sûr », écrit encore Franck Jakubek.

Ce vendredi 12, à 17 h, l’hebdomadaire était présent place des Buisses, dans le quartier des gares de Lille. Là où, tous les jours, se distribue la presse gratuite qui, pour fonctionner grâce à la publicité, n’en connaît pas moins des difficultés, elle aussi. Mais la présence du petit canard rouge ce soir de juin est symbolique. Que personne n’attende un moment de désespoir, à quelques jours (mercredi 17 juin) de l’audience au Tribunal de commerce. Que personne n’attende une larme.

L’idéal serait que chacun des lecteurs, des citoyens, se mobilise. Peu importe même ses convictions. Le rouge est une belle couleur. Elle ne plaît pas à tous. Mais il y a quelques mois seulement, le peuple découvrait l’existence d’un autre hebdo qui ne plait pas à tout le monde, lui non plus. Et le peuple s’est mobilisé pour le soutenir lorsque des fous ont voulu le tuer.

Pourquoi Liberté-Hebdo devrait-il crever ? Cela n’apporterait rien de bon à personne. Et les larmes de crocodiles de demain n’y changeront rien.

Philippe ALLIENNE


 

 
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