Des militants français aux journalistes palestiniens : des témoignages identiques sur les abus de l’armée israélienne

, par redaction@clubdelapressenpdc.fr

Alors qu’une flottille humanitaire composée de 430 militants, dont 32 Français, se dirigeait vers Gaza, elle a été interceptée par l’armée israélienne les 20 et 21 mai 2026. La France n’est pas restée sans agir face aux abus commis, qui ont un goût de déjà-vu pour certains journalistes palestiniens.

Humiliations, exposition au froid, coups et violences sexuelles : voilà ce à quoi plusieurs Français ont été confrontés de la part de l’armée israélienne. Alors qu’une flottille humanitaire se rends vers Gaza avec 430 militants à son bord, dont 32 Français, l’armée israélienne l’intercepte.

Après leur libération, les membres français se sont entretenus avec le ministre des Affaires étrangères. Après avoir pris la situation au sérieux, il a annoncé le lancement de deux actions. La première, annoncée le 23 mai 2026 sur son compte X (anciennement Twitter), est l’interdiction du territoire national au ministre israélien Itamar Ben-Gvir. La seconde, annoncée le samedi 28 mai, est la saisine de la justice française.

Cette situation et les traitements qu’ont endurés les militants de la flottille font écho à l’enquête diffusée le 19 mai 2026 par Reporters sans frontières (RSF). Reprise le 30 mai par Radio France Internationale, elle fait état de traitements inhumains infligés à des journalistes palestiniens.

« J’ai tué tous les journalistes »

Pour les cinq journalistes interrogés, le schéma est le même : interpellation par les forces de l’ordre israéliennes, identification comme journaliste, arrestation puis détention. Une fois détenus, le ministère israélien de la Justice invoque un motif terroriste pour justifier leur emprisonnement : « Vous appartenez à la presse palestinienne terroriste. »

Les soldats auraient ensuite pratiqué plusieurs interrogatoires musclés, infligé des sévices cruels et tenu des propos macabres. Shady Abu Sedo se remémore notamment cette phrase qu’il affirme avoir entendue de la bouche d’un soldat : « J’ai tué tous les journalistes et j’ai amené ici ceux que je n’ai pas pu tuer. » Tous ces supplices commis par l’armée sur les prisonniers semblent révéler une forme de plaisir, dénonce RSF, lorsque les journalistes détenus déclarent avoir « reçu les coups et les insultes de soldats hilares ».

Une persécution systématique

Pour Martin Roux, directeur du bureau de crise de RSF, cette persécution a pour but d’empêcher la couverture médiatique des territoires palestiniens afin de rendre plus difficile la dénonciation des exactions de l’armée israélienne. Selon RSF, depuis le 7 octobre 2023 et l’attaque du Hamas contre Israël, 220 journalistes ont été tués par l’armée israélienne, dont au moins 70 en raison de leur profession.

Pour les rares rescapés, le retour à une vie normale est compliqué. Shady Abu Sedo confie à RSF être profondément traumatisé par ce qu’il a vécu : « Si je ne prends pas de sédatifs, je me mets soudain à hurler. » Au-delà des traumatismes que cela implique, retrouver son travail reste difficile. « J’ai perdu ma maison, ma voiture et tout mon matériel », constate Shady Abu Sedo à sa sortie de 692 jours d’incarcération. « Mais je peux repartir de zéro », affirme-t-il à RSF, démontrant sa volonté de poursuivre son activité malgré les épreuves subies.

Par : Gaël SZCZEPANIAK


 

 

 

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