"Pourquoi quitter le journalisme ?" : l’Observatoire des médias dévoile un volet de son enquête

, par communication@clubdelapressehdf.fr

Sur le site l’Observatoire des médias, Jean-Marie Charon (EHESS) et Adénora Pigeolat (Université Le Havre -Normandie) ont publié le rendu d’un volet d’une enquête intitulée "Pourquoi quitter le journalisme ?", qui a réuni une cinquantaine de journalistes volontaires, qui ont bien voulu revenir sur leur parcours et les circonstances de leur réorientation vers d’autres professions. Deux thématiques dominent largement, celle du désenchantement et celle de l’usure.

L’article rappelle que les carrières de journalistes raccourcissent, pour se situer à une quinzaine d’années, en moyenne. C’est dire que nombre de journalistes quittent la profession dès 30 – 35 ans. Deux thématiques dominent largement, celle du désenchantement et celle de l’usure.

La perte de sens s’exprime dans le constat du décalage ou de la contradiction entre le métier qui avait motivé au départ, son rôle social, ses exigences intellectuelles et la manière dont il se pratique : « J’aime toujours le journalisme, mais pas tel qu’il est exercé par la plupart de la presse aujourd’hui ». D’où une « certaine perte de motivation pour ce que je fais ». Certains parlent alors du métier rêvé et de cette « impossibilité à pratiquer le métier rêvé ». D’autres ont été surtout choqués de la perte de son rôle auprès du public, de la société, constatant avoir « perdu le sens de l’utilité du métier », voire de sa perte de substance : « je ne voulais pas retourner dans un journalisme que je qualifierai de superficiel ». Et le besoin de sens est si fort et devenu si inaccessible dans le journalisme, que pour l’un d’eux il s’est agi de « se reconvertir pour retrouver du sens ».

Epuisement et usure

Aussi, voire plus nombreux, sont les anciens journalistes qui disent avoir ressenti « l’épuisement » ou « l’usure », liés aux formes que prenait leur activité, d’autant plus lorsque celles-ci se prolongeaient dans la durée. « J’étais épuisée physiquement et intellectuellement » se rappelle l’une d’elles. « Je suis usée » se plaint une autre, alors qu’une autre encore, se rappelle « La fatigue physique, avec les horaires décalés… les insomnies… ». Ce sentiment d’être arrivé en quelque sorte à bout de souffle, conduit un nombre plus que conséquent à une rupture, une brisure, celle de la maladie, que celle-ci soit physique ou plus souvent psychique.

Ce sont en effet près d’un quart des personnes interviewées qui à propos de leur parcours évoquent des « dépressions », des « burn out », parfois jusqu’à des pulsions suicidaires, à un moment ou l’autre de leur carrière de journaliste, que ce soit ou non, directement, la cause de leur décision de se réorienter. Nombreux sont ceux qui signalent des arrêts de travail, qui se comptent en mois, parfois des années. Nombreux, sont ceux aussi qui ont dû ou qui continuent à devoir « se faire accompagner psychologiquement ». Dans les causes ou contextes de ces « burn out » se trouvent ainsi évoquées une intensité ou une durée du travail intenable pour ces personnes, des questions relationnelles, notamment avec les hiérarchies, le poids de l’insécurité pour ceux qui vivent la précarité, etc. : « Je ne me rends pas compte que je suis en burn out » dit l’une. « Tout cela contribue à dégrader la santé mentale et l’équilibre psychologique d’un individu », constate un autre.

Charge de travail énorme

Le paysage des rédactions et des conditions de travail est souvent décrit dans des termes extrêmement sombres : « charge de travail énorme », « horaires contre-nature », « violence du milieu », « du monde l’entreprise », « insécurité », etc. Surtout ce sont les évolutions et transformations de celui-ci qui sont critiquées et surtout redoutées. « J’en avais assez de l’injonction de devoir faire toujours plus, mieux, avec moins de moyens », pourrait résumer cette hantise. On a là quelque chose comme la face sombre de la mutation en cours des médias et singulièrement des rédactions.

Succession des CDD, enchaînement CDD-piges, voire CDDU, régime de la pige dans la durée, rarement choisi, « pression constante à se déclarer auto entrepreneur », passage par des périodes de chômages, d’activités hors journalisme, voire de bénévolat, la précarité au long cours a des effets délétères : « l’angoisse », « ma lassitude, ma tristesse et ma colère » et bien sûr l’épuisement – l’usure évoqués plus haut. Celles-ci vont d’autant plus s’imposer « que je n’étais pas préparé à la pige » dira l’un d’eux et qu’il génère la « frustration face aux inégalités de traitement, injustices, vis-à-vis des CDI » constate un autre, quand il ne produit pas un sentiment de discrimination, un pigiste évoquant alors « les petites humiliations, la condescendance et les a priori récurrents… » de la part « des hiérarchies », ceux-ci pouvant venir aussi des confrères : « J’ai souffert du snobisme envers les localiers et les pigistes… considérés comme des journalistes qui ont moins bien réussi » . Sans parler de l’inconfort de « devoir souvent rappeler (ses) droits ».

Pour lire l’article en entier sur l’Observatoire des médias cliquez sur ce lien

M.P


 

 
juillet 2021 :

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