L’année 2007 a bien mal commencé pour la presse et les journalistes. Outre les 29 morts violentes recensées au 30 avril, l’association Reporters sans frontières (RSF) note que 124 journalistes, 4 collaborateurs et 64 « cyber-dissidents » étaient emprisonnés à la même date. Treize journalistes sont par ailleurs retenus en otage. Dans son rapport annuel (portant sur l’année 2006) publié le 1er février, RSF indique que « la liberté de la presse n’a pas connu d’année aussi noire depuis 1994 » (date du génocide au Rwanda) : 81 journalistes ont été tués et 871 ont été emprisonnés. L’Irak a été le pays le plus meurtrier. Selon la Fédération internationale des journalistes (FIJ), « les médias y sont devenus la cible principale d’attaques terroristes ou les victimes de l’incompétence des militaires ». Le quotidien Le Monde écrit qu’en Irak, « sur 68 journalistes et collaborateurs tués en 2006 (35 en 2005), 19 l’ont été par des militaires américains ».
En France aussi…
Outres ces bilans macabres, RSF revient sur l’ensemble des atteintes aux libertés de la presse dans le monde : des assassinats de journalistes en Russie ou au Mexique aux démonstrations de force contre les caricatures de Mahomet. La France n’est pas en reste, avec la mise en examen de six journalistes « pour recel de violation du secret de l’instruction » (au quotidien sportif L’Equipe), « recel de violation du secret professionnel » (au Midi Libre) et « recel d’abus de confiance » (Denis Robert dans l’affaire Clearstream, lire l’article). RSF pointe aussi le départ controversé d’Alain Genestar de la rédaction en chef de Paris Match, en juin 2006.
Autant de faits qui doivent inciter l’ensemble de la profession à se montrer vigilante. Les manifestations de soutien, en 2005 et 2006, pour sensibiliser à la détention des otages en Irak ont été de ce point de vue très encourageantes. Encore faut-il que ces actions ne soient pas des initiatives isolées et simplement ponctuelles. C’est en ce sens que le Club de la presse a continué de soutenir, symboliquement, le journaliste algérien Mohamed Benchicou après sa sortie de prison en juin 2006. Ce dernier n’est d’ailleurs pas sorti d’affaire. La chronique qu’il publiait dans le quotidien algérien Le Soir vient d’être suspendue après des pressions exercées par le pouvoir.
Situation toujours tendue en Algérie
Dans un communiqué, Mohamed Benchicou souligne par ailleurs qu’après l’amnistie des journalistes de juillet 2006, « les procès contre la presse ont repris avec plus de haine, comme en témoignent les épreuves que traversent notre ami Arezki Aït-Larbi, nos confrères de Chourouk, d’El-Watan, de Liberté, du Soir ou d’El-Khabar ou les courageux correspondants de province harcelés sans cesse. » Correspondant du Figaro et de Ouest France, Arezki Aït-Larbi a été interpellé il y a quelques jours à l’aéroport d’Alger, convoqué devant le tribunal pour diffamation et son passeport à nouveau retiré. Pour Mohamed Benchicou, « l’opinion nationale et internationale doit se tenir plus que jamais aux côtés des journalistes algériens ». Il annonce la sortie d’un nouveau livre, dans les prochaines semaines et la remise du Prix Benchicou de la Plume libre 2007, le 14 juin prochain. Il évoque également « une nouvelle initiative éditoriale ».
Ph. A.






































































