Pour se forger son opinion sur l’actualité !

, par communication@clubdelapressenpdc.fr

Il est tout nouveau dans le paysage de la presse régionale, bien qu’il soit déjà connu sur internet et en édition papier en région parisienne, Le Drenche * passe à une vitesse supérieure. De passage au Club de la Presse des Hauts-de-France, les deux fondateurs, Florent Guignard et Antoine Dujardin, ont expliqué, jeudi 8 novembre, les objectifs de ce lancement régional et bien soutenu leur démarche face aux questions et interrogations des participants et de Luc Hossepied, qui a animé cette rencontre.

Le Drenche se veut avant tout un journal « qui permet au lecteur de se forger une opinion et aussi de mieux comprendre les avis différents » explique d’entrée Florent Guignard, co-fondateur de ce mensuel. Il s’agit aussi de lutter contre les « fake news » et de promouvoir un contenu « différent ». Chaque thème est abordé avec un article « pour » et un autre « contre », avec « un argumentaire bien construit à l’appui » poursuit Florent Guignard. Cela permet de bien comprendre le point de vue contraire au sien et « ainsi de se forger une opinion en toute connaissance de cause ». Pas question d’article sans source, ni de références non vérifiables, « les articles sont bien construits et c’est au lecteur de faire la synthèse » indique Antoine Dujardin.
Dans un contexte où la presse écrite est plutôt en difficulté, Florent Guignard et Antoine Dujardin ont tous deux quitté leur travail d’ingénieur pour se lancer dans un métier qui leur était inconnu : la presse.
L’élément déclencheur qui justifie ce grand pas est tout simplement leur stupéfaction face à un sondage sur le gaz de schiste où l’on demandait aux personnes de se prononcer sur le pour ou le contre de cette exploration « et que seuls 14 % des personnes interrogées étaient capables d’expliquer en quoi ça consistait » .

L’équipe de rédaction du Drenche

Contrer la logique des Fake-news et des algorithmes

Un premier pas a été franchi avec la mise en service du site internet fin 2014, et ce n’est que depuis un peu plus d’un an que la version papier (un mensuel) existe, avec un tirage au départ, de 60.000 exemplaires. Un effet bénéfique car le papier a donné un coup de pouce au site : aujourd’hui, la barre des 100 000 visiteurs uniques est dépassée. La cible : les 18-25 ans. Une population de jeunes qui le plus souvent sortent du giron familial pour les études, font l’apprentissage du vote pour la première fois et ne sont pas toujours au fait de l’actualité. « Cette catégorie, ces jeunes, sont à un tournant de leur vie, ils doivent s’informer et se faire une opinion en toute objectivité » indique Florent Guignard. Pour les étudiants, Le Drenche est gratuit. Une façon de les attirer face à la presse gratuite distribuée dans les transports en commun dont l’actualité reste sommaire. « Avec notre formule papier, on va vers les jeunes pour leur permette de s’ouvrir face à un enfermement idéologique renforcé à travers les « fake news », et notamment les algorithmes qui font qu’ils sont souvent confortés dans leur raisonnement » poursuit le fondateur.
Outre les étudiants, l’ensemble du grand public est également visé à travers le site internet gratuit. Facile à découvrir, thèmes, articles, analyses, débats, pour trouver face à face les « pour » et les « contre » .
Le concept de presse, original, a été rendu possible début 2016 par une campagne de financement participatif qui a permis de récolter 15 000 € grâce à une bonne centaine de contributeurs. Une petite communauté s’est ainsi formée pour affronter ce défi.
Par ailleurs, une étude de marché et une enquête confortant l’idée que le concept « est adoré » a été menée par des étudiants en marketing (master entreprenariat)
Le mensuel est gratuit pour les étudiants (distribué dans les facultés), le site internet est gratuit. Pour les autres lecteurs, un abonnement est possible (4,99 €/mois). Un tarif qui permet de boucler les comptes sachant que la publicité représente une part importante du fonctionnement du mensuel. Mais attention : un droit de véto est prévu sur la publicité. Des partenariats ont été mis en place, avec notamment SocialTer, Usbek & Rika et LCI.

Une tribune équitable

L’autre grande originalité concerne le fonctionnement du journal. Un comité de « rédacteurs lecteurs » a été constitué. Une équipe large d’environ 250 personnes (des fidèles du journal) propose les sujets. Les articles sont rédigés par des spécialistes répartis dans trois catégories : les universitaires, chercheurs, économistes ; les acteurs de terrain et associations et, enfin, les élus locaux, nationaux ou européens de toutes tendances.

Le Drenche se veut donc une tribune équitable et qui, sur des sujets politiques, respecte les tendances. « Il vaut mieux voir les incohérences dans un texte et laisser ainsi au lecteur se faire une idée » précise Antoine Dujardin. Déjà, plus de 200 sujets sont été abordés, « mais tout ce qui a trait à des affaires judiciaires en cours, ou encore à des personnes, n’est pas traité. Nous préférons des sujets qui élèvent le débat » indique-t-il. Entre 30 et 40 propositions sont faites, et dans chaque édition, les résultats d’un sondage sont publiés, tout comme certaines rubriques permettent de mieux comprendre les enjeux (Explique-moi comme si j’avais 5 ans ; Le savais-tu ? Les 7-Z infos..) avec une approche claire et simple.

La venue dans le Nord constitue une étape dans le développement du Drenche. L’équipe comporte maintenant sept personnes et tous sont venus à la rencontre des étudiants de Lille. La prochaine étape sera Lyon. La petite entreprise installée à la Halle Freyssinet de Paris compte bien poursuivre sa croissance. Les projets ne manquent pas, avec un objectif : innover.

* : Drenche : contraction des mots DRoite, cENtre et gauCHE

MDL


 

 

 

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