Un premier débat pour explorer les liens entre journalisme et polar

, par communication@clubdelapressenpdc.fr

Avec son projet "L’utopie au pouvoir" le Club de la presse explore l’héritage de mai 68 dans notre société. Sur le plan littéraire, cette période a été celle du grand renouveau d’un genre plébiscité par le public : le Polar. À l’occasion de la 11ème édition du Salon du Polar de Templemars, le Club de la presse a convié Gilles Guillon, son organisateur, pour débattre de la capacité du polar à raconter son époque. Trois auteurs, représentant chacun un aspect du polar actuel, ont répondu présent : Jérôme Leroy, Luc Watteau et Philippe Waret.

Apparu au début des années 70, le néo-polar a remis le roman noir au goût du jour en dépeignant de façon réaliste la société, ses travers ses transgressions. Il se distingue des autres genres littéraires en étant le premier à introduire les classes laborieuses dans ses intrigues et à utiliser l’argot dans ses dialogues. La formule plaît au public, aujourd’hui 1 livre sur 5 vendu en France est un polar.

les trois auteurs Luc Watteau, Philippe Waret, Jérome Leroy et Gilles Guillon, organisateur du salon du Polar de Templemars.
Crédit photo : Gérard Rouy

Loin de l’auto-fiction

Jérôme Leroy, qui a récemment publié « La petite Gauloise » (La Manufacture de livres – 2018) et qui dirige « Les nouvelles enquêtes de Nestor Burma » (chjez French Pulp), confirme. « On parle du réel, on est loin de l’auto-fiction ». La fiction devance le réel parfois, l’intrigue de son roman « Le Bloc » sorti en 2010 chez Gallimard/Série noire, relatant l’entrée au gouvernement d’un parti d’extrême droite fictionnel, prend réalité aujourd’hui dans plusieurs pays d’Europe.
Luc Watteau s’inscrit lui aussi dans cette logique. Pour ses romans, cet ancien flic de Roubaix puise dans son expérience et parsème ses intrigues d’anecdotes vécues. À travers les histoires de son personnage, l’inspecteur Malmaison, situées dans les années 70, on peut mesurer l’évolution de la société sur de nombreux sujets : violence conjugale, petite délinquance « Aujourd’hui, tout est beaucoup plus procédurier, il y a moins de proximité avec les habitants ».
Philippe Waret suit une voie différente avec une série de polars historiques dont l’action se situe dans le Roubaix de la fin du XIXème siècle. « Le héros, c’est la ville. Le lecteur s’y balade », « Le plus difficile, c’est de trouver la fiction qui va tenir et d’éviter les anachronismes »

Journalistes et romanciers, même combat ?

Les trois auteurs ont en commun la volonté de partager avec les lecteurs plus qu’une simple fiction. La réalité est le terreau de leurs histoires, mais ils l’abordent avec une liberté que n’auront pas les journalistes. « D’un journaliste, on attend l’exactitude. L’écrivain peut mentir, manipuler le lecteur à des fins de fiction » explique Jérôme Leroy. « La petite Gauloise » puise dans qui passe aujourd’hui : communautarisme, terrorisme, perte de repères… Une vision pessimiste, mais à la différence d’un journaliste, le romancier peut y ajouter « un mécanisme de défense : le rire ».

Ces réflexions seront complétées par celles de Franck Thilliez, Jean-Christophe Macquet et Hervé Hernu lors du second débat organisé par le Club de la presse Hauts-de-France et le Salon du Polar de Templemars le 25 septembre prochain à 17h00 à la Grande Librairie à Arras.


 

 

 

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